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1912 1

Category: Livres,Romans et littérature,Littérature italienne

1912 1 Details

San Remo 1913: la femme d'un capitaine des bersagliers tue d'une balle de revolver en plein visage le jeune ordonnance en service chez elle. Moyen expéditif et expédient, pour la dame, de mettre fin à une liaison? Geste accompli pour sauver un honneur menacé par les fougueux assauts du bersaglier (ah, les beaux chapeaux à plume!)? C'est ce qu'alors se demandèrent, dans un déchaînement de passions, la justice et l'opinion publique.Sciascia, en racontant cette histoire pétillante, repose ces questions et quelques autres, qui se ramènent peut-être à une seule: y a-t-il des raisons pour tuer un homme?1912 1 est un petit chef-d'oeuvre de Nouvelle Histoire ". Une époque revit dans ce fait divers (l'impérialisme italien, les catholiques et la politique à la veille de la Première Guerre mondiale...) par la vertu de la littérature (Pirandello, D'Annunzio, Lawrence, Huxley...) et d'une intelligence aiguë faite écriture jubilante."

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Dans le Nord de l'Italie on considère le 13 comme un pourvoyeur de malheurs (dans le Sud c'est le 17). Toujours est-il, qu'une fois au moins en 1913, dédicaçant l'un de ses livres, le célèbre poète D'ANNUNZIO, dont Leonardo SCIASCIA rappelle fort justement au passage qu'il était fasciste, a écrit "1912": superstition de sa part ou de la part du dédicataire, voire de l'un et de l'autre.Toujours est-il que l'année 1913 vit se produire en Italie des moments importants tant au niveau législatif que militaire. Avec cerise sur le gâteau un procès retentissant. A San Remo, la très belle femme d'un capitaine tue d'une balle de revolver en plein visage, le jeune et bel ordonnance en service à son domicile. A t'elle voulu protéger sa vertu ou a t'elle voulu se débarrasser d'un amant devenu encombrant.La relation du procès qui nous est faite par Leonardo SCIASCIA est intelligente et jubilatoire. C'est au choix du Courteline ou du Jules Renard. C'est toute l'histoire d'une époque et de sa société qui revit au travers de ce fait divers: les différences entre les classes sociales, la place de la femme dans la société italienne profondément machiste et fermement opposée au divorce, la classe politique avec l'omniprésence de l'Eglise catholique, l'impérialisme italien (l'invasion de la Lybie). Tout ce petit monde s'agite à la veille de la veille de la Première Guerre Mondiale, laquelle va écraser tout sur son passage sans pour autant changer profondément les mentalités.Une femme du monde vient de tuer un homme,comme le fera en France Madame Caillaux en 1914, pour la même raison ou supputée telle: sauver son" honneur". Ou tout au moins faire semblant pour pouvoir justifier son acte.C'est en vertu de ce même "honneur" (bien commode pour justifier tout acte funeste) que des millions de personnes vont périr au cours de la guerre de 14-18.L'"honneur" est-il une raison valable pour tuer? Grave question à laquelle Leonardo SCIASCIA tente d'apporter une réponse par le biais du rire et de la dérision.Un livre pétillant et profondément édifiant.

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